d’après le roman de Tony Duvert.

Deux groupes d’adolescents s’adonnent aux jeux de l’enfance – ceux qui font " semblant pour de bon" , violents et cruels.

" Il faudrait répudier ce moralisme ; et apprécier nos comportements sans jugement de valeur, en simples stratégies animales. Une cruauté, une fraude, une fuite, un crime sont d'abord des tactiques de survie, d'expansion, de plaisir : souvent elles réussissent, tandis que les vies vertueuses ou non-violentes échouent."

Tony Duvert est un de ces écrivains irrévérencieux que Bruno Geslin affectionne. Il reprend entre autres son roman Paysage de Fantaisie, vertige du scandaleux, dans un montage de textes marqués par le sceau de l’enfermement. En écho, des paroles d’adolescents se répondent. Les garçons sont en centre de détention. Les filles dans un pensionnat religieux.

La mise en scène de Bruno Geslin ressemble à ces rêves que le conscient rejette. Une vision kaléidoscopique de morceaux de vies dans un climat de tension permanente, trop calme parfois, constamment prête à éclater. Le spectacle construit un entrelacs de camaraderie et de cruauté sans complaisance et sans état d’âme. Progressivement, ces deux groupes se reconnaissent dans un même constat désespéré sur la société et ses marges. La rencontre a lieu dans un bal de violences. Moment de fête et de séduction où les esprits s’échauffent, où la danse bascule dans un déchaînement terrifiant. Bruno Geslin capte la force sauvage du vivant, emmenant les jeunes comédiens là où ni l’art ni l’humain n’acceptent de compromis.

PAYSAGE(S) DE FANTAISIE
PAYSAGE(S) DE FANTAISIE
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